Hydrothérapie : la santé par l’eau

Enfant dans la mer : le garçon apparaît en contre-jour avec le reflet du soleil dans l'eau derrière lui.

L’hydrothérapie a traversé les époques et les peuples. L’eau étant indispensable à la vie, l’être humain l’a toujours considérée comme magique et purifiante, pouvant soigner de nombreux maux. De nos jours, l’hydrothérapie est souvent conseillée par les spécialistes santé. Cette méthode naturelle consiste à prévenir, soulager et soigner des pathologies par l’usage interne ou externe de l’eau. Ses bienfaits permettent de maintenir ou de retrouver la santé.

Sommaire

Hydrothérapie : bienfaits, effets, vertus

L’hydrothérapie est une méthode naturelle pleine de bienfaits. Selon l’utilisation, les effets sont différents. Les voici.

Résumé des bienfaits

Utilisation de l’eau froide

  • Déplace les déchets vers les émonctoires (favorise l’expulsion des déchets)
  • Vitalisant et tonique (stimule les reins)
  • Prévention des maladies de l’hiver
  • Favorise la circulation sanguine (varices, hémorroïdes, cœur)
  • Lutte contre les congestions (petit bassin)
  • Régule le système nerveux (apaise les angoisses, les vertiges, les maux de tête, les tensions musculaires)

Utilisation de l’eau tiède / chaude

  • Relaxante
  • Permet la récupération physique
  • Favorise le sommeil récupérateur
  • Apaise les tensions après une journée
  • Réchauffante

Utilisation de l’eau très chaude (hyperthermique)

  • Déplace les déchets vers la peau (détoxifie)
  • Lutte contre l’acidité du corps (rhumatisme, arthrite, arthrose…)
  • Diminue les maladies de l’hiver quand elles sont déclarées
  • Nettoie la peau
  • Aide les grands frileux

Usages internes

  • Nettoyage des parties du corps en ouverture avec l’extérieur
  • Soulage les voies respiratoires
  • Soulage les troubles digestifs (constipations, ballonnements, colites)
  • Diminue les fièvres
  • Accompagne les jeûnes, les cures de désintoxication

Cure thermale

  • Lutte contre les maladies chroniques (rhumatismes, affections respiratoires, digestifs, dermatologiques et nutritionnels)
  • Apaise le stress de la vie quotidienne
  • Prise en charge dans le cadre d’un programme complet (soin, alimentaire, dépaysement)

Thalassothérapie

  • Pour le bien-être et le plaisir
  • Soins du corps
  • Apaisant

Les origines

Depuis la nuit des temps, les peuples ont employé l’eau comme moyen de guérison ou dans la prévention des maladies. Les plus connus sont les Égyptiens pour leurs rituels de purification du corps ou des défunts. Les Grecs sont les premiers à avoir eu l’eau courante pour l’hygiène du corps : ils se lavaient avec de l’argile et prenaient des bains de vapeur. Les Romains utilisaient beaucoup les bains publics et les stations thermales.

L’hydrothérapie était déjà utilisée par des médecins célèbres :

  • Hippocrate : père de la médecine, connu pour ses pratiques sur la théorie des humeurs ;
  • Sebastian Kneipp : abbé allemand du 19e siècle, surnommé le « docteur de l’eau », qui soignait grâce à des cures d’eau, notamment avec de l’eau froide ;
  • Salmanoff : ancien médecin de Lénine, il employait les bains hyperthermiques (très chauds) ;
  • Pierre-Valentin Marchesseau : père de la naturopathie moderne en France, il réalisa des synthèses des différentes techniques pour les adapter dans le cadre des cures de naturopathie.

Livres sur l’hydrothérapie

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à vous procurer des livres sur l’hydrothérapie !

L’hydrothérapie chez soi L’hydrothérapie du côlon
Couverture du livre "L'hydrothérapie chez soi : La médecine des capillaires" écrit par Anne-Françoise L'Hôte.Voir le livre Couverture du livre "L'hydrothérapie du côlon : Votre partenaire santé" écrit par Josiane Mignot.Voir le livre

Les techniques d’hydrothérapie

Les bains

Beaucoup de monde aime prendre un bon bain chaud pour se détendre. Il s’agit d’hydrothérapie. Vous avez donc certainement déjà fait de l’hydrothérapie sans le savoir ! En effet le bain est une des techniques majeures de l’hydrothérapie. Il existe évidemment diverses manières de pratiquer un bain :

  • Le bain hyperthermique de Salmanoff : de 39,5 à 42°C
  • Le bain chaud (le classique) : de 38 à 39°C
  • Le bain tiède (top de la relaxation) : de 30 à 37°C
  • Le bain froid : de 15 à 17°C
  • Le bain très froid : de 0 à 7°C

Chaque température possède ses propres bienfaits. Cela dépend de ce que l’on recherche !

Eau froide (0 à 17 degrés)

Le froid permet une réaction centripète (vers l’intérieur) : les déchets du corps (surcharges et toxines) sont envoyés vers les émonctoires qui les évacuent ensuite vers l’extérieur. L’eau froide revitalise, tonifie et endurcit l’organisme pour l’aider à combattre les maladies. Il va de soi qu’il est difficile d’entrer dans un bain froid, c’est une technique qui se pratique de manière progressive. Il faut commencer par quelques secondes, puis avec l’entraînement on peut rester 1 à 2 min pour les plus courageux. L’idéal étant de ne pas s’essuyer en sortant pour permettre au corps de se réchauffer et engendrer une réaction de chaleur interne. Il faut penser à réaliser cette technique dans une pièce chauffée et de préférence le matin, car elle dynamise. Vous pouvez couvrir les parties du corps qui ne sont pas en contact avec l’eau. Par exemple, lors d’un bain de siège, mettez une couverture sur vous pendant que votre postérieur se rafraîchit dans une bassine. Il est important de constater une réaction de chaleur de la part de l’organisme ou de la partie qui a été mise au froid. Si ce n’est pas le cas, c’est que le corps est resté trop longtemps au froid.

Le bain n’est pas la seule possibilité : il y a la douche avec un réglage de la pomme de douche en pluie, le bain de siège froid, le bain de pieds, de bras, de tête, de visage… Ces derniers sont indiqués afin de traiter la zone à problèmes.

Les indications de l’eau froide :

  • Le bain de siège lutte contre la congestion du petit bassin avant les règles, stimule les reins et la circulation sanguine, agit contre les hémorroïdes et les lenteurs digestives.
  • Les bains de pieds peuvent être indiqués pour les personnes qui réfléchissent trop et qui ont de l’insomnie, pour les surmenés, les personnes qui ont des glaucomes, des varices, des oedèmes, les jambes lourdes, de la cellulite…
  • Les bains de bras : pour les cardiaques, on va attirer le sang vers les bras, mais aussi pour lutter contre les vertiges, les maux de tête, la tension, le stress et les angoisses.
  • Les bains de tête ou visage contre les rhumes, les rhinites, les céphalées congestives et les visages fatigués.

Eau tiède ou chaude (30 à 39 degrés)

Si le froid apporte beaucoup d’avantages, l’eau tiède / chaude a aussi ses bénéfices. Elle est reconnue depuis très longtemps dans la relaxation, dans le soulagement des stress, du nettoyage du corps, dans la récupération physique, ou encore pour lutter contre l’insomnie…

Pour se détendre et dire adieu au stress, un bain tiède ou chaud est fabuleux. Il atténue les tensions accumulées durant la journée. L’utilisation d’huiles essentielles ou de sels de bains augmente ses bienfaits. Bien sûr, si vous n’avez pas de baignoire, une douche chaude pourra également vous aider mais attention à la dépense en eau : cette pratique est forcément moins écologique. Rappel : vous pouvez décliner vos bains chauds uniquement sur des parties du corps.

  • Bain chaud de pieds ou de bras : décongestionne la tête et réchauffe les extrémités du corps. Astuce : ajouter un peu de sel dans la bassine permet de conserver la chaleur de l’eau plus longtemps.
  • Effectuer des affusions chaudes, c’est à dire faire couler un filet d’eau chaude sur une partie spécifique du corps.
  • L’utilisation de la bouillotte : chouchoute des naturopathes, elle est vivement conseillée sur le foie ou sur les reins pour les aider dans leurs fonctions.

Eau très chaude (39 à 42 degrés)

L’eau très chaude (hyperthermique) déplace les déchets du corps vers la peau. Elle est donc désintoxiquante. Salmanoff parlait de capillothérapie : consiste à améliorer les échanges cellulaires du système capillaire par vasodilatation (on considère qu’il y a plus de 100 000 km de canalisations capillaires dans le corps humain). L’élévation de la température corporelle (sorte de fièvre artificielle) stimule le processus d’élimination (c’est aussi le cas du sauna). Après ces bains très chauds, on peut continuer à suer parfois une heure. Il faut néanmoins être prudent, on ne rentre pas dans un bain très chaud directement, il est conseillé de faire monter la température du bain par ajouts successifs d’eau chaude de façon à laisser le corps s’adapter. Plus l’eau est chaude, plus la durée sera courte. La séance s’arrête quand l’on sent couler de la sueur sur le front. On reste dans le bain, on vide l’eau, puis on attend 2 min avant de s’asseoir et de sortir (pour éviter les vertiges). Tout le monde ne peut pas pratiquer les bains hyperthermiques : voir les contre-indications.

Indications : rhumatisme, arthrite, arthrose, frilosité, maladies de l’hiver (grippe, rhume, angine…), digestions difficiles, courbatures, récupération musculaire, etc.

Variations des bains hyperthermiques :

  • Les demi-bains (jusqu’au nombril) plus facile à mettre en oeuvre ;
  • Le sauna : il vous fera transpirer et éliminer les acides (acide urique, urée, lactique…) mais attention aux contre-indications. Lire notre article sur les bienfaits du sauna ;
  • Le hammam : bain de vapeur chaude avec un taux d’humidité saturée. Il agit sur les glandes sébacées, les pores de la peau se dilatent et favorisent l’évacuation des cellules mortes. N’oubliez pas votre savon noir (nous vous recommandons ce produit) pour avoir une peau de rêve grâce aux gommages. Le hammam libère le corps des toxines, soulagent les voies respiratoires (grâce aux essences d’eucalyptus ou de pin associées à la vapeur), favorise le sommeil et soulage les courbatures.

Le petit plus quand vous allez au sauna ou au hammam, c’est d’alterner les moments de chaleurs et les douches fraîches. Cette pratique contribue à la vasoconstriction des vaisseaux, ce qui améliore la circulation sanguine. La peau sera nettoyée, raffermie et tonifiée.

Les bains dérivatifs

Le bain dérivatif est un peu à part des autres bains car il qui consiste à rafraîchir l’entrejambe et à garder le reste du corps bien au chaud, couvert. Le bain dérivatif utilise le principe chaud / froid (comme le yin et le yang). En refroidissant l’entrejambe, les mucus ou surcharges se déplacent vers l’intestin et seront évacués avec les selles et les urines.

Dans une pièce chaude, à l’aide d’un gant de toilette ou d’une éponge de bain, au dessus d’un bidet, d’une bassine, des toilettes ou dans une douche, on vient glisser doucement le gant mouillé à l’eau fraîche (pas gelé) de l’avant vers l’arrière (du pubis vers l’anus). Le geste continu de va-et-vient dure entre 10 et 30 min. Pour les personnes plus pressées, il existe des poches remplies d’un liquide réfrigéré à placer comme des serviettes périodiques. Après il faut se réchauffer.
Les indications sont nombreuses : constipation, insomnie, fatigue, mal de tête, angoisse, problèmes de peaux (acné, eczéma, allergie, lipome, verrue), hémorroïdes, perte de poids (4 fois par semaine pour voir des effets sur la silhouette), stress, concentration…

La grande spécialiste de cette méthode, depuis au moins 25 ans, est France Guillain, qui préconise le bain dérivatif à tous. Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire notre article à ce sujet “bain dérivatif : bienfaits et effets !”.

Usage interne

L’hydrothérapie c’est aussi le nettoyage de certaines parties du corps grâce à l’eau :

  • Oreilles : à l’eau avec le doigt sous la douche (pas de coton tige) ;
  • Bouche : bain de bouche, grattage de la langue, lavage des dents ;
  • Intestins : on entend de plus en plus parler d’hydrothérapie du côlon (nettoyage complet du côlon réalisé par un thérapeute formé à cette pratique et sous réserve de contre-indications). Il y a aussi des lavements comme la douche rectale pour soulager les constipations, les gaz, les ballonnements et la fièvre.
  • Nez : nettoyage du nez avec des sérums physiologiques ou, mieux, avec une lota (nous conseillons ce produit), un récipient qui à la forme d’un petit arrosoir, et de l’eau salée. Il s’agit d’un nettoyage en profondeur simple et nature. Il permet la prévention des rhinites, des sinusites et d’autres troubles des voies O.R.L. La médecine ayurvédique préconise cette pratique. Le lavage nasal convient à tous : petits et grands.

Lavage du nez (nasal) : comment faire ? Mettre une cuillère à café de fleur de sel, ajouter une demi-cuillère de chlorure magnésium (sel de nigari). Remplir d’eau tiède jusqu’à l’encolure de la lota et agiter doucement pour dissoudre les sels. Placez-vous au dessus du lavabo, de la baignoire ou à l’extérieur. Placez l’embout de la lota sur une de vos narines, inclinez la tête vers l’avant, le menton contre le gorge, puis levez la lota doucement à l’horizontal et respirer par la bouche tranquillement. Un filet d’eau s’écoule naturellement par l’autre narine évacuant les saletés accumulées dans votre nez. Changez de narine à la moitié de la lota et renouvelez la même opération. Si l’eau coule dans la gorge, repositionnez votre tête. Après le nettoyage de la deuxième narine il est indispensable de sécher le nez afin de ne pas laisser d’humidité. Pour ce faire, soufflez par le nez en vous penchant en avant et en fermant la bouche. En cas de rhinites ou de sinusites, vous pouvez pratiquer le lavage nasal 2 à 3 fois par jour.

Hydrothérapie : contre-indications

Chaque méthode a ses contre-indications. Si vous pensez ne pas pouvoir pratiquer l’une d’entre elles, demandez conseil à votre médecin ou à votre naturopathe. Voici les principales contre-indications de l’hydrothérapie.

  • Bains froids : fatigue importante, anergie, glaucome, périodes de règles, convalescence.
  • Bains tièdes : varices, ulcères variqueux, hémorroïdes, déshydratation, infections urinaires.
  • Bains hyper-thermiques : mêmes contre-indications que pour le bain tiède + hypertension, problème cardiaque, phlébite, femme enceinte.
  • Bains dérivatifs : fatigue importante, anergie, opération récente, stimulateur cardiaque, périodes de règles, femme enceinte.
  • Usage interne (lavements) : femme enceinte, enfants, suite d’hémorragie, cancer du côlon, interventions chirurgicales récentes, recto-colites hémorragiques, états hémorroïdaires, adhérences pelviennes, insuffisances rénales, troubles cardiaques, fissures, fistules, blocages psychologiques.

Cure thermale ou thalassothérapie ?

Quand on parle d’hydrothérapie on pense aussi à la cure thermale et à la thalassothérapie.

La cure thermale

Les cures thermales sont généralement recommandées dans les cas de maladies chroniques comme les rhumatismes, les affections respiratoires, les affections digestives, les affections urologiques, les problèmes dermatologiques et les problèmes nutritionnels. Il existe beaucoup de centres spécialisés en France : Bagnole de l’orne, Dax, Aix en provence, Evian, Vittel, La roche Posay, Néris les bains…

Une cure dure 3 semaines en général. Un ensemble de soins sont proposés selon les propriétés des eaux de la station. Les programmes sont très complets. Les soins sont d’une grande variété : bains, douches en jet, massages, douches écossaises (alternance de chaud-froid), bains de boue, parcours aquatiques, bains de vapeur, cataplasmes, gargarismes, irrigations… Ces cures favorisent la détente car elles vous transportent dans un cadre hors de votre quotidien : dépaysement, rythme différent, alimentation, climat, repos, exercice… C’est l’assurance d’une bonne détente et d’une vitalité retrouvée !

La thalassothérapie

Même si la cure thermale et la thalassothérapie ont en commun l’utilisation de l’eau, les thalassothérapies sont obligatoirement effectuées en bordure de mer. Elles utilisent l’eau de mer chargée en chlorure de sodium et oligo-éléments, ainsi que ses dérivés (algues, boues, sable) pour leurs soins. Les cures thermales sont effectuées avec de l’eau de source. Les soins en thalassothérapie se différencient principalement par l’utilisation de boues marines et d’algues. La thalassothérapie mise sur l’apaisement du corps et de l’esprit : l’air marin contribue à réduire le stress !

Une autre différence : les cures thermales s’inscrivent dans un cadre médical et peuvent être prescrites par votre médecin. Elles peuvent être prises en charge par l’assurance maladie. La thalassothérapie se pratique plutôt pour le plaisir et pour le bien-être, elle reste donc à la charge du client désireux d’y faire un séjour. C’est pour cette raison que la durée d’un séjour en thalassothérapie est souvent plus courte.

Conclusion

Peu importe ce que l’on choisit, il y a tellement de possibilités et de bienfaits à la pratique de l’hydrologie. D’ailleurs, il est possible d’amplifier les vertus de l’hydrothérapie avec des huiles essentielles, des plantes, du sel et de l’argile. N’hésitez pas ! L’hydrologie est souvent recommandée par le naturopathe dans le cadre d’un programme d’hygiène vitale. L’être humain étant composé d’environ 65 % d’eau, on peut survivre longtemps sans manger mais l’on meurt en 3 à 5 jours sans boire. Pensez donc à boire de l’eau de bonne qualité et à utiliser l’eau au quotidien pour votre bien-être !

Article rédigé en collaboration avec Mélanie Aimée, naturopathe.

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