Plante découpée, gélules naturelles, pots en verre, ciseaux sur support en bois blanc.

Naturopathie : la santé au naturel

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On entend de plus en plus parler de naturopathie. Les articles foisonnent sur les réseaux sociaux : santé naturelle, bien-être par les plantes, détox, relaxation… Tantôt appréciés pour leurs méthodes dites « douces », tantôt victimes de railleries, les naturopathes sont soit adorés, soit détestés. Du père de la naturopathie, Pierre-Valentin Marchesseau en passant par le naturopathe de Steve Jobs, les réputations ne sont décidément pas égales. Mais, en clair, qu’est-ce que la naturopathie ? Tour d’horizon des grands principes de la naturopathie.

Les bienfaits

Voici les principaux bienfaits de la naturopathie.

  • Approche globale de la personne, et pas seulement symptomatique.
  • Techniques 100 % naturelles.
  • Correction des déséquilibres pour le retour à la santé de façon durable.
  • Prévention des maladies.
  • Action à large spectre : troubles intestinaux, acné, surpoids, trouble du sommeil, stress, anxiété, dépression, problèmes de fertilité…

Qu’est-ce que la naturopathie ?

Étymologie

Du latin « naturos » et du grec « pathos » : guérir dans le sens de la nature.

Historique

Le saviez-vous ? Contrairement aux croyances, la naturopathie n’est pas une pratique nouvelle. Elle est d’ailleurs reconnue par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) comme médecine traditionnelle, au même titre que la médecine traditionnelle chinoise et la médecine ayurvédique. Bien qu’elle soit particulièrement en vogue ces derniers temps, elle trouve son origine dans les préceptes d’Hippocrate, le « père de la médecine » ayant vécu quatre siècles avant notre ère. Dynamique et évolutive, la naturopathie « moderne » reprend ses grands principes, parmi lesquels :

  • Primum non nocere : en premier lieu ne pas nuire ;
  • Vis medila medicatrix naturæ : la nature est guérisseuse ;
  • Tolle Causam : identifier et traiter la cause ;
  • Deinde purgare : détoxifier et purifier l’organisme ;
  • Docere : devoir d’enseigner les principes de la santé ;
  • Que l’alimentation soit ton premier remède.

Principes fondateurs de la naturopathie

Causalisme : lors d’une consultation, le naturopathe cherche la cause des dérèglements. Notre corps nous parle. N’éteignons pas les signaux d’alarme qui sont de précieux informateurs. Ces signaux nous renseignent sur nos mauvaises habitudes de vie et sur les changements que nous pouvons apporter dans notre quotidien afin d’optimiser notre santé.

Vitalisme : nous naissons tous avec une force vitale, que l’on pourrait comparer à un « capital santé » propre à chaque individu. Le naturopathe tente de définir le niveau de force vitale de ses consultants car l’objectif est surtout d’augmenter cette force vitale qui permet à notre corps de s’auto-guérir.

Humorisme : la naturopathie part du principe que la plupart des maladies sont dues à l’encrassement de nos humeurs (les liquides du corps : sang, lymphe, liquides intra et extracellulaires). Ces humeurs nous composent à 70% et doivent demeurer saines si l’on veut que notre terrain reste sain. Voyons-le comme une rivière, un torrent. Si l’eau de notre corps est « polluée » par des toxines (qu’elles soient issues de notre alimentation, des pollutions externes ou de notre métabolisme), les échanges ralentissent, nos cellules sont moins bien alimentées, le torrent se remplit de vase et se transforme en marécage boueux. Dès que cette pollution entrave les échanges cellulaires, tout le rouage en pâtit et la maladie peut s’installer.

Le naturopathe va tenter, par différentes techniques, de nettoyer et remettre en circulation les humeurs afin de permettre le retour à la santé.

Holisme : l’être humain est un tout. Il ne peut être seulement considéré comme de la matière physique mais doit être considéré dans sa globalité. Le naturopathe est conscient que les maux de l’âme peuvent avoir des répercussions physiques, et inversement.

Individualisation : chaque personne étant unique, le naturopathe doit adapter ses cures et conseils en hygiène de vie en fonction du tempérament, de la constitution et de la force vitale de chacun. Il n’applique pas de protocoles préétablis.

En naturopathie, le symptôme est une manifestation de l’organisme. Le symptôme annonce un déséquilibre qui peut provenir de sources diverses : alimentation inadaptée, manque d’exercice physique, mauvais sommeil, etc. Le plus souvent, les causes ne sont pas isolées mais s’ajoutent les unes aux autres.

Après avoir identifié la ou les causes du déséquilibre, le naturopathe, en tant qu’éducateur de santé, établira une cure naturopathique, c’est-à-dire un programme d’hygiène de vie. En fonction des cas, les cures sont plus ou moins longues, mais elles doivent être limitées dans la durée et mener à une hygiène de vie adaptée sur le long terme.

Pour mener à bien sa cure, le naturopathe possède une palette de techniques.

Livres sur la naturopathie

Pour aller plus loin, voici des ouvrages de référence sur la naturopathie :

Les techniques du naturopathe

Il existe trois techniques majeures, elles sont capitales pour l’hygiène de vie au quotidien.

  • La bromatologie : l’hygiène alimentaire.
  • La kinésiologie : l’hygiène somato-émonctorielle (le mouvement et l’activité physique).
  • La psychologie : l’hygiène de la pensée.

À ces trois techniques majeures peuvent s’ajouter d’autres techniques complémentaires qui ne sont pas nécessaires au quotidien mais qui peuvent être d’un grand secours pour renforcer une cure naturopathique.

  • La phytologie (les plantes).
  • L’aromatologie (les huiles essentielles).
  • L’hydrologie (l’eau sous forme de bains chauds/froids, bains dérivatifs, sauna…).
  • Les élixirs floraux.
  • La gemmologie (les bourgeons de plantes).
  • Les techniques manuelles (ex : massages non thérapeutiques).
  • Les techniques réflexes (ex : réflexologie plantaire).

Ce que la naturopathie peut vous apporter

Lors d’une consultation, le naturopathe évaluera vos habitudes dans plusieurs domaines : alimentation, activité physique, sommeil… Il désignera certaines habitudes inadaptées et vous apportera des solutions en tenant compte de vos possibilités et de vos impératifs (vie de famille, activité professionnelle…).

L’objectif est de corriger les causes des déséquilibres pour retrouver la santé.

Qui n’a jamais fait l’expérience de sortir de chez le médecin avec une ordonnance longue comme le bras, pas plus avancé sur son état de santé à l’issue d’une consultation de 10 minutes montre en main. C’est une réalité, les médecins peinent à drainer le flux des consultations et il n’est pas rare de devoir patienter plusieurs jours avant de pouvoir consulter son médecin traitant. L’approche allopathique (médecine conventionnelle) est par ailleurs très souvent symptomatique. Or, comme évoqué plus haut, nos symptômes sont des messagers que le naturopathe préfère écouter plutôt que taire.

En effet, le naturopathe prendra en compte les symptômes de la personne dans le but de cibler leur cause. Il agira ensuite sur cette cause en proposant des ajustements de l’hygiène de vie. Consulter un naturopathe, c’est décider de reprendre sa santé en main de façon durable, en apprenant à être à l’écoute de son corps et en apprenant les règles élémentaires en matière d’hygiène de vie.

Ce que la naturopathie ne peut pas vous apporter

Le naturopathe n’est pas « un médecin qui prescrit des compléments alimentaires ». Son rôle n’est pas de remplacer les molécules chimiques des médicaments par des molécules naturelles de plantes (bien qu’elles puissent aider). Par ailleurs, les naturopathes ne sont pas médecins. En ce sens, ils ne peuvent pas prescrire de médicaments, effectuer des diagnostics ou supprimer un traitement allopathique.

Quelles sont les causes de nos déséquilibres ?

Tout le monde génère des déchets, peu importe l’hygiène de vie. C’est un processus naturel. Ces déchets sont appelés toxines endogènes (liées à notre métabolisme). Le corps, rudement bien fait, possède la capacité de les éliminer ! Le foie détoxifie les molécules toxiques, les reins et les intestins les éliminent, les poumons éliminent les acides faibles et le CO2, et la peau élimine également une quantité de déchets via les glandes sudoripares et séborrhées.

Lorsque des déchets exogènes (qui proviennent de l’extérieur) viennent s’ajouter à ces déchets endogènes « normaux », l’organisme peine alors à drainer cette surabondance de déchets. Ils sont stockés, enkyster et viennent polluer et altérer nos tissus ainsi que nos fonctions organiques.

Les sources de déchets exogènes sont très nombreuses. Voici les principales.

  • Alimentation : industrielle, raffinée, dévitalisée, morte, sucrée, grillée, junk food, etc.
  • Pesticides
  • Perturbateurs endocriniens
  • Pollution atmosphérique
  • Tabac
  • Alcool, excitants, drogues
  • Produits ménagers, cosmétiques
  • Médicaments
  • Ondes électro-magnétiques

Lorsque la capacité d’élimination est dépassée, notre terrain s’encrasse et nous tombons malades.

Comment se déroule une consultation ?

Tous les praticiens ne travaillent pas de la même façon. Certains utilisent des outils spécifiques tels que la morphologie, l’iridologie, la prise de pouls chinois… Quoiqu’il en soit, tous les naturopathes effectuent un questionnaire très complet et précis, appelé anamnèse, dans lequel ils « décortiquent » les habitudes de vie : alimentation, sommeil, activité physique, stress, rythme de vie… Tout est passé à la loupe par le praticien de santé afin de déterminer l’origine des dérèglements.
À l’issue de la première consultation, le naturopathe propose la mise en place d’une cure naturopathique afin de rééquilibrer le terrain de la personne et résoudre ses problèmes sur le long terme. Par exemple, la cure de détox permet de nettoyer le terrain et la cure de revitalisation renforce les personnes très fatiguées et dévitalisées.

Toutes les techniques utilisées sont bien évidemment naturelles et respectueuses du corps humain : huiles essentielles, plantes, massages non-thérapeutiques, alimentation, activité physique…

Plusieurs consultations sont-elles nécessaires ?

L’objectif du naturopathe n’est pas de fidéliser une clientèle, mais de lui donner les clés de sa santé. Ainsi, plusieurs séances peuvent être nécessaires en fonction des connaissances déjà acquises. Toutefois, avec le temps, le consultant deviendra de plus en plus autonome.

Les motifs de consultation les plus répandus

Avec l’augmentation croissante du nombre de personnes concernées par les maladies dites de civilisation causées par une hygiène de vie inadaptée à la physiologie humaine (alimentation industrialisée dévitalisante, stress, sédentarité), nous sommes nombreux à partir en quête de solutions naturelles pour remédier à nos problèmes de santé.

Les motifs de consultation les plus fréquents sont les troubles du transit (syndrome du côlon irritable, Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin –MICI-), les maladies auto-immunes, le diabète, le cholestérol, le surpoids, le burn-out, les problèmes de fertilité, les troubles féminins (endométriose notamment), la grossesse, la dépression, la fatigue, etc.

Quel naturopathe choisir ?

C’est une question compliquée. Le statut des naturopathes n’est pas reconnu par l’État français, en conséquence de quoi n’importe qui peut choisir de poser sa plaque du jour au lendemain, sans aucune certification. Alors attention.

Pour tenter d’encadrer la pratique de la profession, certains syndicats et associations ont été créés pour regrouper les naturopathes ayant obtenu une certification délivrée par des écoles sérieuses. Assurez-vous de l’appartenance de votre naturopathe à l’une de ces associations (regardez par exemple son site internet, ou bien les sites de l’OMNES ou de l’APHN qui regroupent les naturopathes ayant effectué 1200 heures de formation minimum).

Toutefois, il convient de préciser que certains naturopathes autodidactes, ou formés dans d’autres pays, sont fantastiques !

Conseil : demandez aux professionnels de santé de votre ville, consultez les avis sur internet, interrogez-vous après une première consultation : ai-je été informé(e) selon mes attentes ? Ai-je été suffisamment écouté(e) ? La cure est-elle basée uniquement sur la prise de compléments alimentaires ou bien comporte-t-elle une approche holistique ?

Naturopathe, diététicien, nutritionniste, nutrithérapie, quelle différence ?

Le diététicien est un professionnel de la santé, spécialiste de l’hygiène alimentaire et depuis 2008 reconnu par l’État comme professionnel paramédical. Le titre de diététicien est un titre officiel réglementé en France. Il est attribué au titulaire d’un BTS (diplôme d’État) de Diététique ou d’un Diplôme Universitaire de biologie option diététique, délivré par un IUT.

Le nutritionniste est le plus souvent médecin (11 à 12 années d’étude post-bac). Il traite des pathologies en lien avec l’alimentation (anorexie, diabète, cholestérol, allergies alimentaires…). Néanmoins, l’utilisation du terme « nutritionniste » n’étant réglementée par aucune loi, il faut donc faire attention au moment de consulter et s’assurer de la formation du nutritionniste.

Le naturopathe est un éducateur de santé. L’alimentation ne représente qu’une seule de ses techniques.

La nutrithérapie est une technique qui vise à apporter des nutriments par l’alimentation ou par compléments alimentaires, soit en prévention, soit dans le cadre de pathologies spécifiques, afin de restaurer des fonctions biologiques.

À savoir : seule une consultation chez le médecin nutritionniste est prise en charge par la sécurité sociale. En ce qui concerne les diététiciens et les naturopathes, il faut voir avec les complémentaires santé. Ces dernières incluent de plus en plus les médecines complémentaires dans leur offre de prise en charge.

La naturopathie s’associe-t-elle à d’autres pratiques ou médecines ?

Dans l’idéal, oui ! C’est ce que l’on appelle la médecine intégrative. Beaucoup de pays intègrent la naturopathie dans leur parcours de soin, mais les mentalités françaises peinent à évoluer dans cette direction.

Si les échanges avec les médecins peuvent parfois s’avérer difficiles, il n’est pas rare que le naturopathe oriente ses clients vers d’autres praticiens de santé tels que les ostéopathes, les sophrologues, les hypnothérapeutes pour une approche encore plus globale de la personne. Cela potentialise les chances de rétablir les déséquilibres.

FAQ : réponses à vos questions

Terminologie

Un médecin peut-il se dire diététicien ?

Un médecin peut se qualifier de diététicien uniquement si, en plus de sa formation en médecine, il a obtenu un BTS de diététique ou un Diplôme Universitaire de biologie option diététique. Dans le cas contraire, le médecin ne peut pas être qualifié de diététicien car il n’a pas la formation adaptée.

Un diététicien peut-il se qualifier de nutritionniste ?

L’utilisation du terme nutritionniste n’étant régulée par aucune loi, un diététicien peut tout à fait se définir comme diététicien-nutritionniste.

Références scientifiques

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Camille Le Toullec

🌺 Naturopathe

Camille est certifiée ISUPNAT (Institut Supérieur de Naturopathie) et agréée FÉNA (Fédération française des Écoles de NAturopathie).

🖋️ Article créé le , puis mis à jour le .
Régulièrement révisé par notre équipe de spécialistes.

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